Por label NeuKlang.
Marc Perrenoud, Cyril Regamey et Marco Muller, sont un bon exemple de cette modernité dépassée. Complexité harmonique, subtilité, finesse d’écriture, tout y est. L’énergie déployée est quelquefois…badplusante, ESTique. Les plages lentes sont selon nous plus convaincantes. Là, le trio s’aère, s’élève et nous touche (Mir, Blue in green, par exemple). Mais peut-être est-on naturellement plus lyrique… et irritable quand la cadence s’accélère (l’âge ? ). Ces trois musiciens constituent un trio sans faille et démontrent à l’envi leur excellence, nous en convenons bien volontiers. Mais on est, quelquefois, légèrement gêné par la couleur binaire de la batterie qui alourdit la trame d’une musique qui ne demande qu’à s’émanciper dans la fréquentation de détails imprévisibles, dans des lointains sans apprêts où l’art de la suggestion est un authentique écho, un soupir d’aise pour l’auditeur étonné.
Quant à la quadrature du trio et sa résolution, il est indubitable que Marc Perrenoud et ses complices ajoutent une pierre à l’édifice ; “Logo” est un très bon album et l’on est curieux des projets musicaux de ce trio helvétique auquel nous nous permettons de soumettre les mots du poète, suisse lui-aussi, Philippe Jaccottet : “Il se peut que la beauté naisse quand la limite et l’illimité deviennent visibles en même temps, c’est-à-dire quand on voit des formes tout en devinant qu’elles ne disent pas tout, qu’elles ne sont pas réduites à elles-mêmes, qu’elles laissent à l’insaisissable sa part.”
